Royalistes du Vivarais

Description des idées et des activités de la section royaliste du Vivarais

04 août 2006

Paroles d'un Ardéchois !

Texte fondamentale de Gustave THIBON, le débat est lancé commentez ce texte si vous le juger nécessaire.

oui ou non l'institution d'une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée est-elle de salut public ?"

La question que pose Maurras au début de son Enqûete sur la Monarchie écarte les présupposés, les sentiments et les préjugés. Elle est concise, directe et rationnelle, car c'est sur le terrain de la raison, celui-même sur lequel se croit fondée la démocratie que le Martégal défend et batit la Monarchie.
Aujourd'hui, alors que six quarts de siècle nous séparent de la dernière expérience monarchique et que l'idée royale a été systématiquement défigurée par les républicains, nous devons défendre nos idées, retrouver ce ton maurrassien clair, dense, précis, presque socratique, qui seul imposera la monarchie face aux nuées démocratiques.
Ainsi avons nous utilisé le "quadrilatère" maurrassien (une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire, décentralisée) pour esquisser, en esprit puis en actes, LA MONARCHIE QUE NOUS VOULONS.



Une monarchie traditionnelle

Pour commencer, il semble indispensable de rappeler que la monarchie n'a jamais été un modèle fixe, un prêt-à porter ; elle a su au contraire s'incarner dans différentes époques selon différents registres tout en gardant l'esprit qui était le sien. C'est cette continuité à travers les changements nécessaires qui caractérise le vrai sens de la tradition qui, d'après Paul Valéry, "n'est pas de refaire ce que les autres ont fait mais de retrouver l'esprit qui a fait ces choses et qui en ferait de toutes autres en d'autres temps". Ainsi, nous ne voulons pas restaurer une monarchie figée en un XVIIIe siècle oublié, mais rétablir ce qui est d'abord un principe, principe d'autorité, de responsabilité et d'unité, et qui saurait s'incarner dans notre propre réalité économique, politique, culturelle et sociale.



Une monarchie héréditaire

L'hérédité du pouvoir est sans doute le principe qui a été le plus attaqué depuis trois siècles. Pourtant que représente-t-il réellement lorsque l'on a écarté toute la mythologie méritocratique ? Il apparaît que l'hérédité a ce premier avantage d'éliminer la compétition pour le pouvoir, c'est-à-dire la radicalisation des conflits d'intérêts. Elle assure ainsi un Etat fort, indépendant et arbitre capable d'entreprendre des réformes administratives, économiques et sociales ou de laisser des libertés aux citoyens, sans craindre d'être toujours renversé. L'hérédité permettra à la nation d'être enfin gouvernée et non plus seulement gérée à court terme comme c'est le cas en république. De plus, le pouvoir étant à l'origine indépendant des forces d'argent, il peut gouverner sans, et même contre elles, et seul un roi héréditaire a pu châtier les Semblançay et les Fouquet que le régime actuel eût laissé courir. Enfin, l'hérédité assure la médiation active du peuple avec ses propres racines historiques
la nation, c'est la naissance, c'est-à-dire la reconnaissance d'une continuité historique.



Une monarchie antiparlementaire

La tradition et l'hérédité étant posées, on pourrait être tenté d'y ajouter une institution parlementaire censée assurer la représentation populaire. "A d'autres cette demi-royauté bourgeoise et parlementaire plus décrépite encore s'il de faut" s'écriait Maurras. Le parlementarisme, qui suppose l'existence de partis, est le contraire même de la monarchie qui est faite pour unir. D'ailleurs, 1e parlementarisme au niveau de l'État ne représente personne puisqu'il ne repose pas sur les réalités économiques, politiques et sociales mais sur le jeu formel des partis.
La monarchie, au contraire, chercherait une représentation du pays réel par de multiples assemblées locales, culturelles et professionnelles souveraines en leur ordre et capables de défendre les intérêts de leurs membres. Nous n'en voulons en effet absolument pas au vote. "L'ancienne France votait beaucoup, précise Maurras, cela est oublié. Cela reste vrai tout de même. On y votait pour quantité d'objets pour lesquels le Français moderne reçoit avec respect le choix et les volontés des bureaux". Ce à quoi nous en voulons, c'est au système qui regroupe arbitrairement les individus en fonction de leurs opinions ou de leurs options métaphysiques dans le cadre de partis peu adaptés à la juste détermination de l'intérêt général. Et c'est pourquoi nous luttons pour la restauration d'une monarchie antiparlementaire où, les Français pourront, grâce à de multiples assemblées fédérées par un pouvoir indépendant, être représentés dans leurs intérêts tangibles et concrets, et ainsi passer du stade d'administrés abrutis et atomisés, à celui de citoyens responsables et actifs.



Une monarchie décentralisée

Nous avons parlé de représentation d'intérêts locaux en effet antiparlementarisme et décentralisation sont deux caractères indissolublement liés. Nous sommes antiparlementaires parce que partisans d'une renaissance des collectivités locales. Cette volonté de promouvoir les richesses et les diversités de notre pays de façon intégrale est une composante essentielle de notre nationalisme. Nous voulons laisser s'organiser le pays réel en une multitude de républiques locales, autonomes et souveraines, compénétrées les unes les autres et capables de prendre en main leur avenir. Mais ces communautés ne peuvent rester liées entre elles sans un tiers- pouvoir. Comme l'expliquait Pierre-André Taguieff (Feu-Follet N°5), dans le fédéralisme maurrassien, " il doit y avoir un troisième membre qui doit être "hors-jeu" en quelque sorte. C'est la monarchie comme pouvoir transcendant, d'où la nécessité que le roi ne soit pas élu ou choisi, mais qu'il vienne d'ailleurs, qu'il soit inconditionnel". Voici posées les grandes lignes de la monarchie que nous voulons, c'est-à-dire la monarchie française adaptée à notre temps. N'oublions pas cependant que "l'objet vrai de l'Action française, ce n'est pas, bien dire, la monarchie, ni la royauté, mais l'établissement de cette monarchie, l'acte d'instituer cette royauté". Seul notre engagement militant prouvera la possibilité d'une telle restauration, et même son imminence si elle est servie par des citoyens actifs, prêts à mourir avec joie, avec bonheur, pour notre Sire le roi de France.
" Qui a envie de mourir pour M. Mitterand ou pour M. Chirac ? Qu'est devenu ce caractère sacré dans le monde moderne ? Je crois que le retour à la monarchie ne dois pas être conçu comme un talisman, comme une recette magique qui supprimerait tous les problèmes, mais comme un sceau, comme l'incarnation d'un retour à l'ordre éternel : pas de salut hors de l'esprit ".

Gustave THIBON

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29 juillet 2006

  LA MONARCHIE QUE NOUS SOUHAITONS:

« Quel genre de monarchie souhaitez–vous ? », c’est la question qu’on finit toujours par poser à un royaliste. Cette question peut paraître oiseuse tellement notre objectif paraît éloigné. Pourtant, il est extrêmement important que nous soyons tous en mesure d’y répondre, car, en l’absence de précision, on pourrait penser que nous n’avons pas réellement réfléchi à ce problème fondamental.


Avant d’exposer quelle sorte de monarchie nous souhaitons, il faut commencer par indiquer en quoi  la République est nocive pour notre pays.


Nous sommes royalistes pour le bien de la France

Car, il ne faut jamais l’oublier, nous sommes des monarchistes de raison. Nous ne sommes pas royalistes par nostalgie ni par sentimentalité. Nous sommes royalistes parce que nous sommes des bons français, attachés à la sauvegarde de notre pays et que, pour exister et survivre, la France a besoin d’un roi. Car, tous les historiens le reconnaissent aujourd’hui, la France est le résultat de l’action de nos rois. Ernest Renan le disait déjà au siècle dernier : « La politique capétienne arrondit le lambeau ( le domaine royal à l’origine ) et en huit cent ans fit la France comme nous l’entendons, la France qui a créé tout ce dont nous vivons, ce qui nous lie, ce qui est notre raison d’être. La France est de la sorte le résultat de la politique capétienne continuée avec une admirable suite. » Au contraire, la République Française se termine toujours en catastrophe. Les deux premières Républiques se sont terminées par le césarisme et celui-ci, par deux fois, s’est achevé par une sévère défaite militaire : Waterloo pour le premier Empire, Sedan pour le second. La troisième République n’a même pas eu besoin de l’étape intermédiaire du césarisme pour aboutir à la catastrophe : elle s’est écroulée en juin 1940 après la plus effroyable défaite militaire que la France ait connue. Quant à la quatrième République, elle est morte à Dien-Bien-Phu et à Alger, dans les tristes conditions que l’on sait.


La division : une spécialité bien française

Il me faut aussi parler d’une caractéristique de notre peuple, à savoir son goût invétéré pour la division. C’est une constante dans notre histoire : les français se divisent entre eux. Il en a toujours été ainsi. Songez qu’au moment de la conquête de Jules César, au dernier siècle avant notre ère, les gaulois, partagés en une cinquantaine de tribus, se disputaient entre eux et même parfois se faisaient la guerre. Si César a pu conquérir la Gaule avec seulement 16 légions – on dirait aujourd’hui 16 régiments – alors que la Gaule était déjà peuplée de 5 millions d’habitants, c’est que certaines tribus gauloises se sont alliées aux romains et parfois ont combattu à leur côté contre les autres tribus gauloises. De même, pendant la guerre de Cent Ans, la France était divisée entre deux factions, les Armagnacs et les Bourguignons, ces derniers étant alliés des Anglais... Semblablement, pendant les guerres de religion, les extrémistes qui suivaient les ducs de Guise s’étaient alliés aux Espagnols contre Henri III, puis Henri IV.


En ce qui concerne les IIIème et IVème Républiques, il faut remarquer que ces deux régimes étaient ce qu’on appelle des : « régimes d’assemblée », c’est-à-dire des systèmes politiques dans lesquels l’organe le plus important, celui qui détient le véritable pouvoir, est l’assemblée nationale ou la chambre des députés, quelque soit le nom qu’on lui donne. Dans ce régime, le Président de la République n’a aucun pouvoir et les ministres dépendent du bon vouloir de l’assemblée. Or, la division des français dont nous parlions tout à l’heure se reflétait dans la composition de l’assemblée, qui était en permanence en équilibre instable. C’est ainsi que pendant les douze ans qu’a duré la IV ème République (1946 – 1958) vingt cinq gouvernements se sont succédé, la durée moyenne de vie d'un gouvernement étant de six mois ! Autant dire que notre pays, quelques puissent être les qualités des ministres, n’était pas gouverné. Il voguait de-ci, de- là, comme un bateau ivre... On comprend pourquoi Charles Maurras appelait cette forme de République: « la femme sans tête » !

Il n’y a pas de bonne République

En 1958, le général de Gaulle a cru que la Vème République, qu’il venait d’instaurer, allait guérir la République de ces maux. Lourde erreur ! Certes, le Président de la République n’est plus une potiche et la durée de vie moyenne du gouvernement tourne autour de deux ans et demi. Mais les vices inhérents à la démocratie demeurent. Car Charles de Gaulle, qui vitupérait  le «  régime des partis » quand il était écarté du pouvoir, n’a eu rien de plus pressé, quand il est revenu aux affaires, que de créer son propre parti, qui depuis lors guerroie contre les autres dans la guerre civile sans coup de feu que subit notre pays. Les élections, qu’elles soient présidentielles, législatives, départementales, régionales, sénatoriales, européennes, sont de bonnes occasions pour en découdre. Pendant ce temps, la France attend les décisions dont elle a besoin. Passé six mois après les élections, c’est l’immobilisme, d’ailleurs institutionnalisé pendant les périodes dites de « cohabitation », c’est-à-dire lorsque le Président est d’un parti, et la majorité de l’assemblée de l’autre. Non, décidément, la démocratie de convient pas à la France.


Précisons que nous sommes pas contre la démocratie par hostilité aux scrutins populaires et encore moins par je ne sais trop quelle nostalgie fascisante : nous sommes contre la démocratie quand elle ne marche pas. A ce sujet, laissez-moi vous conter une anecdote : dans les années soixante, quand j’étais le secrétaire de la Section de l’Essonne, mon président de Section était mon maître et mentor, Félix Duraud, un homme exceptionnel qui avait été secrétaire de Charles Maurras et directeur de l’Imprimerie d’Action Française, et qui donc avait côtoyé notre maître tous les jours pendant plus de dix ans. Je rédigeais un bulletin de Section puisque j’étais secrétaire, mais bien sûr, j’en soumettais toujours le projet à Félix Duraud, pour connaître ses observations. Un jour, dans je ne sait trop quel article, j’ai écrit la phrase : « la démocratie est valable au niveau de la commune ». Et Duraud, lorsque je lui ai soumis le projet, a rayé le mot : « valable » et l’a remplacé par :    « légitime ». La démocratie est légitime au niveau de la commune, telle était devenue ma phrase. Pourquoi la démocratie est–elle légitime au niveau de la commune? Parce qu’une commune est à taille humaine et que tous les électeurs comprennent peu ou prou le sens des décisions à prendre ou des programmes proposés. Dans une commune rurale, si un candidat maire dit qu’il faut réparer le chemin vert, même l’idiot du village connaît le chemin vert et sait bien qu’il est rempli de trous et de bosses et, donc, qu’il doit être réparé. Dans une commune plus importante, si le candidat maire propose de construire une piscine, tous les électeurs ont une idée de l’intérêt d’en faire construire une, et il y en a toujours un, un peu plus malin que les autres, qui va poser la question : «  et combien ça va nous coûter ? » Même les grandes agglomérations sont divisées en arrondissements, dont les problèmes sont à taille humaine et donc les électeurs peuvent comprendre les problèmes et donner un avis valable. Aux échelons supérieurs, au contraire, la démocratie disparaît car les devoirs d’un élu en tant que représentant de la population de sa circonscription entrent en conflit avec les obligations  qu’il a en tant que membre d’un parti. Ces obligations sont d’abord de nature idéologique, mais surtout son obéissance conditionne la poursuite de  sa carrière politique, c’est-à-dire son gagne-pain. Parfois, la démocratie se transforme purement et simplement  en oligarchie. Le modèle, on pourrait dire la caricature, de l’escroquerie démocratique apparaît dans les référendums, car les électeurs ne possèdent aucunement les connaissances et les compétences leur permettant de prendre une décision éclairée dans ces domaines. Il en a été ainsi notamment lors du référendum sur le traité de Maastricht en 1993. Rappelez-vous : on a envoyé à tous les électeurs un livre de 200 pages, écrit serré, contenant le texte du traité et de toutes ses annexes. Pas plus de mille personnes en France n’étaient capables de comprendre ce texte, car il fallait pour cela, non seulement être un juriste, mais encore un juriste connaissant le droit européen et le texte de tous les traités antérieurs. Si c’est cela, la démocratie, c’est se moquer du monde !


Une monarchie moderne

Venons–en maintenant à la monarchie que nous souhaitons. D’abord une certitude : La monarchie ne sera pas, elle ne peut pas être, la copie conforme du régime qui existait avant 1789. Ce serait une absurdité  totale, une sottise absolue.  Pourquoi ? Parce que la société française d’aujourd’hui ne correspond en rien à la société d’ancien régime. Rappelons que celle-ci était fondée sur des « ordres », catégories de la population dotées de certains pouvoirs en contrepartie de certaines obligations. Ces trois ordres étaient : la noblesse, le clergé et le tiers-état. Qu’en est-il aujourd’hui ? La noblesse n’existe plus en tant que catégorie sociale particulière. Dans la plupart des cas, et en particulier sur le plan professionnel, rien ne la distingue plus de la bourgeoisie. Seuls, une certaine manière d’être et de traiter les autres, la courtoisie, l’élégance dans la tenue et dans les manières et un certain respect des traditions, les en différencie. Quand au clergé, et sans aucunement manquer de respect envers l’Eglise, il est bien clair que la situation actuelle du clergé catholique ne correspond en rien au clergé d’ancien régime. D’ailleurs, je suis sûr que la quasi-totalité des prêtres et des évêques français, mais aussi le pape, refuseraient de laisser le clergé, en tant que tel, prendre part au pouvoir politique de notre pays. En clair, loin d’être une reproduction à l’identique du passé, la monarchie sera forcément un système neuf, moderne, mais fondé sur les principes qui ont fait la force de la monarchie capétienne.


                                             

Instauration et non restauration

Il faut bien comprendre que le concept de monarchie se trouve, sur le plan de la psychologie collective, à des années-lumière, non seulement de la classe dirigeante, mais aussi de la masse des français. Sur ce plan, la situation est autrement différente de celle qui aurait existée si en 1875 la monarchie avait été rétablie en la personne du comte de Chambord. Il y avait seulement cinq ans à l’époque qu’une dynastie (celle de Napoléon III ) avait cessée de régner. On aurait pu alors parler de « restauration ». Aujourd’hui, la tâche est toute différente : 134 ans se sont écoulés depuis la chute de Napoléon III, et 152 ans depuis celle du roi Louis-Philippe. Sans parler de la propagande républicaine qui s’est déchaînée depuis un siècle, notamment grâce à l’école publique. Notre travail est autrement difficile ! C’est pour bien marquer cette différence que nous préférons parler « d’instauration » plutôt que de « restauration ». D’autant plus que, d’une manière ou d’une autre, le rétablissement de la monarchie ne pourra faire autrement que de bénéficier d’un consensus populaire. Il n’est pas concevable, quelque soit le procédé utilisé pour  parvenir au rétablissement de la royauté, que sous une forme ou sous une autre, à un moment ou à un autre, un tel consensus ne se manifeste pas.


Une monarchie « à la française »

Il va de soi qu’il serait impossible de nos jours d’avoir un régime politique qui, comme dans l’ancienne France, ne reposerait pas sur une constitution écrite. On peut donc dire qu’en ce sens, la monarchie nouvelle sera « constitutionnelle ». Mais par ce terme nous n’entendons nullement la monarchie «  à l’anglaise » dans lequel le souverain n’a aucun pouvoir. Avec Charles Maurras,  nous rejetons catégoriquement un tel système. Maurras écrit dans « Mes idées politiques » : « Nous ne songeons pas à restaurer en France une monarchie parlementaire. Elle est peut-être à sa place en Belgique où elle peut remplir une fonction nationale supérieure et même en Angleterre dont elle tient l’Empire. Pour nous, les immenses bienfaits de la Restauration ne nous ont jamais aveuglés sur la part excessive que le régime parlementaire y donnait aux excès du système électif ».


Car la monarchie « à l’anglaise » n’a pour ainsi dire aucun avantage pour le pays, par rapport aux IIIème et IVème Républiques, et encore moins par rapport à la Vème. Son seul côté positif est l’incarnation de la nation en une personne en chair et en os, ce qui favorise l’unité nationale en cas de crise. Il est certain que, sans la royauté, la Belgique n’aurait pu résister à la tension entre la communauté flamande et la communauté wallonne. Mais, à part cela, le fait que la Belgique soit un royaume n’a nullement empêché ce pays de se noyer dans l’Europe, de perdre le Congo belge, d’autoriser l’avortement ou d’adopter le mariage homosexuel.


La monarchie antiparlementaire

Alors, qu’elle est la monarchie que nous voulons ? C’est celle que Charles Maurras, avec son immense talent de condenser en une formule une pensée  lourde  de sens, a appelée  dans  «  l’Enquête sur la monarchie  » : la   « monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée ». Nous allons parler de ces deux derniers termes. « Antiparlementaire » ne signifie pas qu’il n’y aurait plus d’assemblées délibératives ni d’élections. Bien au contraire, la monarchie moderne connaîtra des élections et des assemblées à tous les niveaux : local, régional et national. Maurras le dit en toutes lettres dans «  Nos raisons pour la monarchie » : « Il existe un premier degré de la fonction civique : c’est celui qui consiste…à soutenir de son assentiment le gouvernement qui protège les vies et les biens, à s’exprimer sur les impôts et sur les revenus, à déléguer une représentation au Pouvoir pour lui faire savoir ce qui est désiré, blâmé, déploré. C’est le domaine du suffrage universel, qu’il faut bien se garder de supprimer ou de restreindre ».


En vérité, « antiparlementaire » désigne un régime qui établit une distinction entre la tâche de gouverner  (dont sont chargés le roi et ses ministres) et celle de représenter les populations (dont sont chargés les députés). Confondre les deux fonctions comme dans une démocratie parlementaire crée tout simplement un régime oligarchique, avec tous les défauts inhérents à ce système. C’est ce que dit Charles Maurras dans « Mes idées politiques » : « Il faut revenir à un régime qui rétablisse la  distinction  entre le Gouvernement,  chargé  de

Gouverner, et la Représentation, chargée de représenter ».  Nous aurons donc d’un côté l’Exécutif, c’est-à-dire le roi et ses ministres – ces derniers n’étant pas des députés mais des hauts fonctionnaires – et de l’autre l’assemblée destinée à faire connaître au gouvernement ce qui est désiré ou rejeté par la population.  En    principe,

L’assemblée n’aurait pas de pouvoir législatif, sauf sur des questions exceptionnelles et notamment en matière fiscale. Il en était déjà ainsi dans  l’ancien  régime,  puisqu’ aucun impôt  ne pouvait être levé sans l’approbation des Etats-Généraux.  A côté de l’assemblée nationale, il existerait une seconde assemblée qui représenterait, non seulement les collectivités territoriales comme notre actuel Sénat, mais également les représentants des associations familiales, les ordres professionnels, les chambres des métiers, du commerce, de l’industrie et de l’agriculture, en un mot, les forces vives du pays réel.

Une véritable révolution


Une monarchie décentralisée

Naturellement, on vous dira que la république aussi a décentralisé. Mais vous savez comme moi que la décentralisation républicaine n’est pas une véritable décentralisation. En effet, la République française étant élective aux niveaux les plus élevés de l’Exécutif, le parti au pouvoir fait tout ce qu’il peut pour ligoter les collectivités aux rangs inférieurs. Il accorde donc ses faveurs aux électeurs et aux collectivités qui le soutiennent. Par exemple, ma commune de résidence a un maire de centre droit, mais le conseil général de notre département est socialiste. Comme par hasard, les subventions accordées par le conseil général à notre commune sont d’environ un tiers du montant des subventions accordées à une commune socialiste. Au contraire, la couleur politique des communes et des régions sera indifférente au roi, celui-ci n’étant pas élu.


Mais surtout, la notion maurrassienne de décentralisation s’étend au-delà des compétences des collectivités territoriales. L’idée de Maurras est de libérer de l’emprise de l’Etat, et donc des partis, toutes les communautés françaises, qu’elles soient naturelles ou créées par les hommes. Il peut s’agir d’associations ou d’organismes privés, d’ordres professionnels, de syndicats, d’organes représentants les métiers, les industries, l’agriculture et de groupes divers, bref, ce qu’on appelle aujourd’hui la société civile.  Aujourd’hui, l’influence de la politique politicienne s’exerce partout. Savez-vous que plusieurs mutuelles dépendent de certains partis ? Savez-vous qu’il en est de même pour certains organismes d’H.L.M. ? Savez- vous qu’une situation similaire se rencontre dans certaines Caisses d’épargne ? Savez-vous que la nomination du président de la Croix-Rouge Française (association privée) dépend du bon vouloir du Président de la République ? Là encore, tel parti s’attache telle ou telle organisation en la favorisant de diverses façons ou encore en lui octroyant des subventions. Au contraire, le roi, indépendant des partis et des lobbies, laissera ces organisations s’administrer comme elles l’entendent. En clair, la monarchie rendra leurs libertés à toutes ces collectivités. Comme on disait autrefois : Le roi sera le  protecteur des républiques françaises !


Le roi, protecteur des républiques françaises

Vous le voyez, la monarchie que nous souhaitons est bien loin de ressembler à l’image mensongère colportée par nos ennemis et les manuels d’histoire de l’école publique ! On vous dit : «  Choisir la monarchie, c’est rétablir la noblesse et ses privilèges ». C’est faux, il n’a jamais été question de cela. On vous dit : «  Choisir la monarchie, c’est supprimer les élections ». C’est faux, il y aura des élections à tous les niveaux : local, régional et national. On vous dit : «  Choisir la monarchie, c’est supprimer les libertés ». C’est faux, c’est au contraire rendre leurs libertés aux français et à leurs collectivités. C’est pourquoi il faut être profondément optimiste. Car la République mène le pays à la ruine ! Tôt ou tard, comme cela s’est déjà produit plusieurs fois dans notre histoire, une crise majeure se produira et la monarchie apparaîtra comme le seul recours. Alors, avec l’aide de Dieu, nos efforts seront couronnés de succès et la monarchie que nous appelons de nos vœux sera rétablie pour le plus grand bien de la France et des français.


      Georges Rousseau

Un des immenses avantages de ce système est qu’il diminue dans des proportions importantes, un des  vices majeurs de la démocratie, l’avidité pour le pouvoir et l’ambition personnelle des hommes politiques.  Il ne sera plus utile qu’un de ceux –ci passe des années et des années à s’échiner comme un écureuil dans sa cage en montant un à un les échelons du pouvoir, l’oeil fixé sur le niveau suprême (le chef de l’Etat), ou du moins sur les échelons intermédiaires (les ministres), puisque la route de ces fonctions leur en sera définitivement barrée. Certes, il pourra être député ou sénateur, mais ce sera une fonction de service, non une fonction de pouvoir. Cette transformation radicale sera une véritable révolution ! Il est important de signaler qu’un système assez proche, mais dans un cadre démocratique, existe depuis longtemps dans un pays étranger. C’est le régime en vigueur aux Etats-Unis d’Amérique qui connaissent la stricte séparation de l’Exécutif et du Législatif, et aussi une profonde  décentralisation, dont nous allons parler maintenant.

Posté par K_doudal à 23:39:00 - La monarchie que nous souhaitons! - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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